Portrait de coureuse : Alex-Sandra Naud

Mis à jour : janv. 23

· Nom de la coureuse : Alex-Sandra Naud

· Âge : 30 ans

· Pratique la course à pied depuis : 1er janvier 2019

· Première année d’adhésion au CTB : Juillet 2019 et maintenant coach depuis mai 2020






· Qu’est-ce qui t’a amené à débuter la course à pied ?


Je n’ai jamais été une grande sportive, j’étais active mais au minimum. J’avais le goût de reprendre le contrôle sur mon poids et ma santé. Pourquoi la course? Parce que mon entourage, dont mon conjoint de l’époque, était composé de coureurs élites et j’étais un peu gênée de ne jamais pouvoir les suivre dans les sorties. J’avais pris comme résolution de commencer à courir, sans objectif autre que de « perdre du poids ». Après avoir vu des résultats, j’ai continué.

En 3 mois, j’avais perdu 16 livres et je voyais mon énergie et mes performances augmenter. Je partageais ma remise en forme sur ma plateforme Instagram et ça m’a aidé à ne pas abandonner, alors que j’avais affiché ma résolution. Ça a aidé! De plus, au début de ma remise en forme, mon copain m’a laissée et la course a été une sorte de thérapie qui s’est rapidement transformée en passion.


· Quel genre de coureuse es-tu ?


J’ai de la difficulté à me définir. Je me demande souvent où est la ligne entre « athlète » et « sportive »? Je serais tentée de dire que je suis une coureuse récréative, avec la discipline d’une athlète, avec autant d’heures et de kilométrage. Je ne m’impose aucun plan d’entraînement – je ne serais pas capable de le suivre et je perdrais le côté « plaisir » de la course. Je planifie mes semaines avec un objectif personnel et je bâtis autour de ça.

Je n’ai absolument aucun objectif de podium, je ne suis pas une coureuse rapide. J’aime courir longtemps, mais sans me causer de douleur. Donc, je préfère un rythme plus lent pour diminuer les impacts. Je deviens une meilleure grimpeuse, mais je me considère assez imbattable dans les descentes !


· Que t’apporte la course de trail ?


Courir en nature… que pouvons-nous espérer de plus? C’est mon moment de pause dans la journée, c’est le temps de mettre le cerveau à off ou de réfléchir seule. C’est se dépasser, individuellement. C’est dur de mettre des mots, mais quand tu cours et tu réalises que tu souris toute seule, ça veut tout dire! 


· Que t’apporte le club de trail, ou le fait de courir en groupe avec le CTB ?


Le club de trail a été ma plus belle rencontre de 2019. J’avais peur de me joindre au club au début, car j’étais gênée de ne pas être à la hauteur et d’être la moins bonne. J’ai tellement bien fait d’oser ! Ça me permet de côtoyer des gens avec qui je peux parler de course et qui sont autant intéressés que moi! (Ma famille est tannée de m’entendre hahaha)

Lorsque je cours seule, il est plus facile de me dire que je peux ralentir ou commencer à marcher. Je n’ai pas toujours le goût de sortir de mes habitudes. Par contre, avec le groupe, il y a un entrainement qui est plus encadré et plus structuré. Ça permet de faire des entrainements que je ne ferais peut-être pas dans ma routine personnelle. Ça aide à me sortir de ma zone de confort.


· Que représente une semaine d’entraînement type pour toi ?


Mon volume de course hebdomadaire varie entre 50-90km, je cours au moins 5 fois par semaine. La plupart de mes sorties se font en montagne (du moins les longues). C’est beaucoup, j’en suis consciente.

Je fais également de l’entrainement croisé avec du vélo. J’avais joint un groupe de vélo durant l’été et, pour l’hiver, j’ai une base d’entrainement de type Tacx pour rouler à l’intérieur. Par contre, je ne fais pas assez de musculation, mais ça s’en vient!


· Quelles sont tes aspirations/motivations en lien avec la course à pied ?


Aspirations : J’aime courir longtemps. Une amie a déjà dit qu’«en bas de 20km, on est des moteurs diesel » et je trouve que ça me représente tellement bien! C’est long avant de me réchauffer et d’être confortable en course. D’où mon intérêt pour les longues distances. Avec un 80km cette année, j’étais vraiment satisfaite. Pour la suite, l’an prochain j’aimerais compléter un 100km. Je ne me mets aucune pression d’objectifs/courses pour 2021. J’ai bien aimé la saison « homemade » de 2020, alors j’aimerais accomplir quelque chose de semblable.


Motivations : Avoir un réseau d’amis d’athlètes élites vient avec son bagage de motivation. De les voir aller, ça peut juste nous inciter à en faire plus, nous aussi. Ça peut être dangereux par contre. J’aime me motiver en accompagnant mes amis dans leurs projets. Pacing, équipe de support (crew). C’est une belle façon d’aller chercher de l’énergie pour nos projets personnels. Pour une « nobody », ou une coureuse de milieu de peloton, limite fin de peloton, je me trouve tellement chanceuse d’être entourée d’aussi bons coureurs/coureuses, autant au club de trail qu’au niveau élite.


· Quelle est ta saison préférée pour courir en trail et pourquoi ?


L’été. Bien que j’aie parfois de la difficulté à endurer la chaleur, c’est le meilleur moment, car la nature est à son meilleur, il y a beaucoup d’heures de clarté et on peut en profiter tard.


· Quelles sont tes forces comme coureuse ?


Mon mental ! Je cours seule 95% de mes sorties. Ça me prépare bien pour les longues sorties ou les courses. J’utilise beaucoup la visualisation, la préparation mentale. Certains entrainements sont basés sur cela, comme de répéter une boucle plusieurs fois juste pour travailler la tête et non le corps. C’est comme ça qu’on peut passer à travers les creux de vague, dans une course ou dans la vie.


· Dois-tu par moment composer avec des blessures ? Si oui, comment gères-tu cet aspect ?


On peut toucher du bois car je n’ai eu AUCUNE blessure dans l’année! Je suis quand même à l’écoute de mon corps durant les sorties, si je ressens des inconforts, je ralentis aussitôt. C’est assez surprenant vu le nombre de chutes que j’ai eu en descentes! Dès que je commence à avoir des raideurs, je sors mon rouleau de MELT.

Ayant la chance d’être ambassadrice de la Clinique du Coureur, je me tiens aussi informée sur le sujet et sur les exercices de renforcement pour éviter les blessures à court et long terme.

Fin 2019, j’ai eu à gérer un épisode difficile. De juillet à octobre, mes performances se sont mises à diminuer, malgré le volume d’entrainement qui augmentait. J’en étais personnellement rendue à me demander si mon corps était fait pour la course. Jusqu’à découvrir, par hasard, que je souffrais d’anémie très sévère. J’avais la moitié de la quantité normale de globules rouges et plus aucune réserve en fer. Dès que je faisais le moindre effort, je ne pouvais répondre aux besoins d’oxygène, donc j’étais essoufflée et je n’avais pas d’énergie. Après les examens et traitements nécessaires, je suis revenue en force en 2020. Depuis, ça va beaucoup mieux et je suis la coureuse que vous connaissez maintenant. Je reste toutefois à l’écoute de mes symptômes et de mon corps.


· Participes-tu à l’occasion à des courses organisées à titre de coureuse ou bénévole et si oui, quels sont tes événements coup de cœur ?


Coureuse : En 2019, j’ai pu en faire plusieurs! La Clinique du Coureur (LCDC), Transvallée, Harricana, Bromont Ultra (BU). Toutes des courses où je retournerais! En 2020, j’avais prévu aller en plus au Québec Méga Trail (QMT), à l’UltraTrail Académie et à la Chute du Diable, mais ce sera pour une autre fois!


Bénévole : J’ai pu faire du bénévolat au Bromont Ultra à la remise des trousses, comme personnel médical et comme photographe. Je trouve important de redonner du temps dans notre région!


Équipe de support : Faire le crew est aussi un aspect de la course que j’adore. Ça permet de voir la course sous un autre jour. J’ai pu supporter d’autres coureurs au QMT, TCDC et BU et je recommencerais n’importe quand.


· Quel est ton plus beau souvenir et ta plus grande fierté en tant que coureuse de trail ?

En 2019, au Transvallée. Je suis arrivée à la ligne d’arrivée et j’étais très émotive. J’étais la dernière coureuse au cumulatif après les 3 courses et j’avais pris 5h pour compléter le 20km du dimanche. Loin d’être une performance digne de mention, mais je venais de compléter ma plus longue distance à vie. J’étais complètement épuisée, mais j’étais dont fière de l’avoir terminée ! La même émotion était présente à Harricana après mon 28km, alors que j’étais dans les 5 derniers. En 2020 : Ma plus grande fierté est d’avoir complété, de façon autonome et seule, mon 80km.


Transvallée 2019


Une autre fierté, c’est d’avoir continué à courir alors qu’une personne d’expérience en course à pied m’avait dit que je devrais changer de sport, car je n’avais pas de talents à la course puisque je ne courais pas vite. J’ai décidé de faire abstraction de cette remarque et de faire ce que j’avais envie de faire. Je suis contente de m’être écoutée !


· Si tu avais un message à faire passer aux autres trailrunners, quel serait-il ?


C’est bien de s’inspirer des autres coureurs autour de nous, mais il ne faut pas se comparer ni essayer de les imiter. Prenez votre temps, faites ce que vous avez envie et gardez toujours le plaisir de courir!


· Si tu avais un conseil à donner à la coureuse que tu étais quand tu as débuté (ou aux coureurs qui veulent débuter), quel serait-il?


Je me dirais : « Cours pour toi, ne cours pas pour les autres ». Le goût de courir doit venir de l’intérieur et si la passion n’y est plus, c’est important de se demander pourquoi. On court tous pour des raisons différentes. Il s’agit de trouver notre raison qui nous pousse.

Ne pas courir pour la reconnaissance des autres, ni pour les kudos, ni pour impressionner. Ce n’est pas une forme de motivation qui dure dans le temps. Et ça peut devenir lourd (been there, done that!)

Ça a pris du temps, mais pour ma part, j’ai trouvé que c’est pour me dépasser moi-même. Autant pour être plus en santé, que pour me prouver ce que je suis capable de faire. C’est un sport individuel et la réussite dépend de nous seulement. On ne peut pas blâmer nos coéquipiers si ça va mal ou si ça va bien, on est la seule personne de l’équipe!


· As-tu des craintes par rapport à la course ?


Je suis quelqu’un qui a vraiment peur de l’échec. Et devoir abandonner une course et ne pas pouvoir continuer, ça me hante. Je suis consciente que les courses ne peuvent pas toutes bien aller, mais mon anxiété de performance me fait redouter les DNF (Did not finish). Aussi, n’étant pas une coureuse rapide en général, les temps de coupure (cut-off) me causent énormément de stress avant et pendant les courses officielles.


· Mot de la fin


On regarde toujours les grands athlètes comme source de motivation/espoir. Comme coureuse « ordinaire », je me suis rendue compte que tout le monde, même les derniers coureurs, peuvent inspirer quelqu’un.

Un « coureur des bois » va être inspiré par un coureur B, qui regarde un coureur B+ qui regarde un coureur A. Oui, certaines personnes ont besoin de courir vite ou de longues distances pour se sentir vivantes, mais je pense qu’il ne faut jamais minimiser nos accomplissements.

Quand certains coureurs du club disent que je les inspire, qu’ils trouvent ça motivants de me voir aller, qu’ils ont vu ma progression, je réalise alors qu’on peut tous s’inspirer entre nous, sans être des athlètes professionnels. C’est motivant pour moi également, de continuer à faire ce que j’aime en inspirant, indirectement, mon entourage


Bromont Ultra 2020 (80 km, édition virtuelle)

Ce portrait de coureurs a été réalisé par les deux SEB (Moreau et Martin) avec la collaboration de Cynthia Laflamme.

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